Comment construire une maison écologique en respectant la RT 2020 ?

La construction de maison écologique, ou éco-construction, est une démarche qui vise à réduire l’impact environnemental d’un habitat tout en améliorant le confort et la santé de ses occupants. Pour cela, elle repose sur cinq principes clés :

  • L’orientation optimale de la maison pour profiter au maximum de l’ensoleillement et de la lumière naturelle
  • L’utilisation de matériaux naturels, locaux, recyclables et non toxiques pour la structure, l’isolation et les finitions
  • Le recours aux énergies renouvelables pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire et l’électricité
  • L’isolation thermique performante et la ventilation efficace pour garantir une température constante et un air sain
  • La gestion raisonnée de l’eau et des déchets

Les maisons à basse consommation (BBC) sont des maisons qui consomment moins de 50 kWh/m²/an d’énergie primaire pour le chauffage, la climatisation, l’eau chaude sanitaire, l’éclairage et les appareils électroménagers. Elles sont conformes à la réglementation thermique 2012 (RT 2012) qui s’applique à toutes les constructions neuves depuis le 1er janvier 2013. Les maisons BBC permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre et les factures d’énergie.

L’éco-construction est un terme générique qui regroupe toutes les techniques de construction respectueuses de l’environnement. Il existe différents types d’éco-constructions selon les matériaux utilisés :

  • La maison en bois : c’est le matériau le plus écologique car il est renouvelable, isolant et stocke du carbone
  • La maison en paille : c’est un matériau bon marché, isolant et résistant au feu
  • La maison en terre crue : c’est un matériau ancestral, recyclable et régulateur d’humidité
  • La maison en pierre : c’est un matériau durable, solide et esthétique

Quelles sont les règles de constructions actuellement en vigueur en matière d’éco-construction en France ?

Les règles de construction en matière d’éco-construction en France sont principalement définies par la réglementation thermique 2012 (RT 2012) qui s’applique à toutes les constructions neuves depuis le 1er janvier 2013. Cette réglementation vise à limiter la consommation d’énergie primaire des bâtiments à 50 kWh/m²/an en moyenne, en tenant compte du chauffage, de la climatisation, de l’eau chaude sanitaire, de l’éclairage et des appareils électroménagers¹.

La RT 2012 impose également trois exigences de résultats :

  • Le besoin bioclimatique (Bbio) : il exprime la performance énergétique du bâti indépendamment des systèmes énergétiques. Il doit être inférieur à un seuil maximal fixé par la réglementation selon la zone climatique et l’altitude du bâtiment.
  • La consommation conventionnelle d’énergie primaire (Cep) : elle correspond à la consommation d’énergie primaire du bâtiment pour les usages pris en compte par la RT 2012. Elle doit être inférieure à un seuil maximal fixé par la réglementation selon le type de bâtiment, la zone climatique et l’altitude.
  • Le confort d’été (Tic) : il correspond à la température intérieure conventionnelle atteinte au cours d’une séquence de cinq jours chauds. Il doit être inférieur à un seuil maximal fixé par la réglementation selon le type de bâtiment et la zone climatique.

La RT 2012 impose également des exigences de moyens, comme :

  • L’utilisation d’une source d’énergie renouvelable pour couvrir une partie des besoins en eau chaude sanitaire ou en chauffage
  • La réalisation d’une étude de faisabilité technique et économique des diverses solutions d’approvisionnement en énergie
  • La mise en place d’un système de mesure ou d’estimation des consommations d’énergie par usage
  • Le respect de critères de perméabilité à l’air du bâti et des réseaux aérauliques
  • Le respect de critères de surface minimale des baies (portes et fenêtres) par rapport à la surface habitable¹

Par ailleurs, il existe aussi des labels volontaires qui permettent aux maîtres d’ouvrage de valoriser leur démarche environnementale au-delà des exigences réglementaires. Parmi ces labels, on peut citer :

  • Le label Effinergie+ : il impose une consommation conventionnelle d’énergie primaire inférieure ou égale à 40 kWh/m²/an et un besoin bioclimatique inférieur ou égal au seuil réglementaire diminué de 10 %
  • Le label Bepos-Effinergie 2013 : il impose une production locale d’énergie renouvelable supérieure ou égale à la consommation conventionnelle d’énergie primaire du bâtiment
  • Le label BBCA (Bâtiment Bas Carbone) : il impose une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre liées au cycle de vie du bâtiment (construction, exploitation et fin de vie)
  • Le label E+C- (Énergie positive et réduction carbone) : il préfigure les futures exigences environnementales qui seront mises en place avec la future réglementation thermique 2020 (RT 2020). Il comporte quatre niveaux croissants pour deux indicateurs : le bilan énergétique (E) et le bilan carbone (C)²

Qu’est-ce que la RT 2020 ?

La RT 2020 est la future réglementation thermique qui s’appliquera à toutes les constructions neuves à partir du 1er janvier 2022 (et dès 2018 aux bâtiments publics). Elle succèdera à la RT 2012 et sera plus ambitieuse et exigeante pour la filière construction. Son objectif est de réduire la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre des bâtiments neufs, en les rendant plus performants sur le plan environnemental³.

La RT 2020 se base sur trois principaux axes :

  • La sobriété énergétique : il s’agit de limiter les besoins en énergie des bâtiments en optimisant leur conception bioclimatique, leur isolation thermique et leur ventilation. La RT 2020 fixera des seuils maximaux de consommation d’énergie primaire (Cep) et de besoin bioclimatique (Bbio) selon le type de bâtiment, la zone climatique et l’altitude.
  • L’énergie positive : il s’agit de favoriser la production locale d’énergie renouvelable par les bâtiments, afin qu’ils produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment sur une année. La RT 2020 introduira un indicateur de bilan énergétique (E) qui devra être supérieur ou égal à zéro pour les bâtiments neufs.
  • La réduction carbone : il s’agit de diminuer l’impact carbone des bâtiments tout au long de leur cycle de vie, en prenant en compte les émissions liées à la construction, à l’exploitation et à la fin de vie. La RT 2020 introduira un indicateur de bilan carbone (C) qui devra être inférieur à un seuil maximal fixé par la réglementation⁴.

La RT 2020 sera donc une réglementation environnementale qui visera à faire émerger des bâtiments à énergie positive et réduction carbone (Bepos-Effinergie), capables de répondre aux enjeux de la transition écologique et énergétique⁵.

Existe-t’il une autre règlementation au delà de la RT 2020 ?

Non, il n’existe pas à ce jour de réglementation au-delà de la RT 2020. La RT 2020 est la dernière réglementation thermique en date et elle entrera en vigueur à partir du 1er janvier 2022. Elle sera donc applicable pendant plusieurs années, jusqu’à ce qu’une nouvelle réglementation soit éventuellement mise en place pour renforcer les exigences environnementales des bâtiments neufs. Il est possible que la RT 2020 soit révisée ou complétée au cours de son application, en fonction des retours d’expérience et des évolutions technologiques.


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